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La Banque du Canada relève son taux directeur à 2,5 % face à la flambée des prix de l’énergie

Après une attente de plus d’un an, la Banque du Canada a augmenté son taux d’intérêt à 2,5 %, une décision motivée par la combinaison d’une croissance plus forte que prévu et de prix de l’énergie « plus élevés‑pour‑longtemps ».

Catherine Roy

Publié dans Affaires

4 min de lecture
a group of men sitting at desks in a room
Photo : Boston Public Library sur Unsplash

Une hausse attendue qui se confirme

Les marchés anticipaient déjà une hausse du taux directeur depuis plusieurs semaines. Selon le Financial Post, les paris des investisseurs indiquaient une probabilité de 80 % que la Banque du Canada relève son taux pour la première fois depuis juillet 2023. Les économistes de Desjardins, qui avaient prévu un maintien du taux le 22 septembre, ont revu leurs prévisions à la hausse après l’apparition de nouvelles données sur les coûts énergétiques et les tarifs douaniers, estimant que le taux passerait à 2,5 %.

Les raisons invoquées : énergie et dynamique économique

Le communiqué de la Banque, relayé par The Logic, souligne que la décision a été dictée par une « croissance plus rapide que prévu » et des prix de l’énergie « plus élevés‑pour‑longtemps ». Le prix du pétrole, décrit comme « triple‑digit », a alimenté les craintes d’une persistance de l’inflation. Le CPI (indice des prix à la consommation) a progressé de 3 % en glissement annuel au troisième trimestre, et la Banque prévoit une hausse à 3,4 % d’ici la fin 2026, bien au‑dessus de son objectif de 2 %.

Par ailleurs, le rapport de politique monétaire indique que la consommation des ménages est restée « solide », que les investissements des entreprises ont rebondi et que les exportations ont dépassé les prévisions, entraînant une croissance du PIB de 3,3 % au deuxième trimestre et de 2 % au troisième trimestre. Ces performances dépassent les estimations antérieures (2,5 % et 1,5 % respectivement) et la Banque prévoit désormais une croissance de 2 % en 2027, soit davantage que les prévisions précédentes.

Conséquences immédiates pour les emprunteurs et le dollar canadien

L’augmentation du taux à 2,5 % a un impact direct sur le coût du crédit. Les prêts hypothécaires, les marges de crédit et les financements d’entreprise verront leurs taux d’intérêt augmenter, ce qui réduira le pouvoir d’achat des ménages et le rendement des projets d’investissement. Le Financial Post rappelle que les entreprises ne peuvent absorber indéfiniment la hausse des coûts, ce qui justifie la volonté de la Banque de freiner la demande domestique.

Sur le plan monétaire, la hausse du taux tend à renforcer le dollar canadien face aux autres devises, notamment le dollar américain, en rendant les actifs canadiens plus attractifs pour les investisseurs étrangers. Cette appréciation pourrait toutefois compliquer les exportations, surtout dans un contexte où les tensions géopolitiques affectent les marchés de l’énergie.

Ce que cela signifie pour l’avenir de la politique monétaire

Les deux sources s’accordent sur le fait que la décision d’aujourd’hui ne ferme pas la porte à d’autres hausses. Le Financial Post cite les économistes de RBC qui envisagent que la hausse de 0,25 point ne sera pas la dernière, tandis que The Logic mentionne la possibilité d’un nouveau relèvement si les pressions inflationnistes persistent. Cependant, la Banque a également indiqué qu’elle adoptera une approche « prudemment graduelle », en évaluant chaque réunion séparément.

Les incertitudes restent nombreuses. Les tensions au Moyen‑Orient, les tarifs américains et les fluctuations du marché pétrolier pourraient modifier le paysage économique. La Banque du Canada a reconnu que l’incertitude demeure élevée et que la décision d’aujourd’hui pourrait être révisée si les conditions évoluent.

Questions en suspens

  • La persistance des prix de l’énergie entraînera‑t‑elle une nouvelle hausse du taux avant la fin de l’année ?
  • Dans quelle mesure l’appréciation du dollar canadien affectera‑t‑elle la compétitivité des exportations canadiennes ?
  • Les entreprises réussiront‑elles à absorber les coûts supplémentaires sans répercuter davantage les hausses de prix sur les consommateurs ?

Ces interrogations guideront les prochains débats au sein du Conseil de gouvernance de la Banque du Canada, qui a clairement indiqué qu’il prendra ses décisions « une réunion à la fois ».

Sources

Cet article est une synthèse en français des publications suivantes.

Écrit par Catherine Roy

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Dernier article le 30 octobre 2026

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